About this Event
Partout, le même constat revient : le travail a perdu son sens. Tandis que les « bullshit jobs » se multiplient – ces emplois inutiles et vides de sens théorisés par l’anthropologue David Graeber –, l’anxiété et la souffrance au travail progressent. Les crises écologiques et sanitaires ont également mis en lumière cette quête de sens, jusqu'à provoquer une vague de « grande démission » et faire émerger une aspiration profonde à repenser notre rapport au travail.
Les économistes et chercheur·euses Thomas Coutrot et Coralie Perez relient cette perte de sens à plusieurs transformations du monde du travail : multiplication des fusions-acquisitions, sous-traitance et filialisation au nom de l'optimisation, introduction du new public management… Autant de mutations qui ont contribué à éroder l'autonomie des travailleur·euses et leur capacité à peser sur les décisions qui les concernent. Cette dépossession du pouvoir d'agir au travail fait écho à une crise démocratique plus large, marquée notamment par la défiance envers les institutions et la montée de l'extrême droite.
Alors que le capitalisme se fait toujours plus autoritaire et productiviste, une question se pose : pouvons-nous reprendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? À travers le Manifeste pour une démocratie du travail, un collectif de chercheur·euses, syndicalistes et professionnel·les donne à voir des enquêtes, des luttes et des alternatives qui montrent qu'il est possible de revitaliser la démocratie en partant du travail. Cette rencontre sera l'occasion d'explorer concrètement comment les travailleur·euses peuvent retrouver du sens dans leurs activités et reprendre prise sur leur organisation. Elle permettra également d'ouvrir le débat sur le renouvellement du syndicalisme et de mettre en discussion des propositions politiques pour faire du travail un levier de démocratie, d'émancipation et de défense du vivant.
Event venue & nearby stays
Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin, Marseille, France