Advertisement
La plateforme PiiLux-Asbl organise, avec la collaboration de la Chambres des Salariés et le soutien de l’Œuvre Grande-Duchesse Charlotte, une table ronde sur le thème :La pénurie de professionnels de la santé à Luxembourg. Mythe ou réalité ? Une menace pour notre système de soins ? Comment y faire face ?
Mercredi 21 octobre 2026 à 19.00h
Chambre des Salariés
(2-4, rue Pierre Hentges L-1726 Luxembourg)
Nous profiterons de l’expérience et de l’expertise de :
• Annaelle NAHON
Coordinatrice du Service Professions de santé au Ministère de la Santé et de la Sécurité sociale
• Françoise BERTHET
Présidente de l’Observatoire national de la santé
• Sylvain VITALI
Directeur délégué de la FHL (Fédération des hôpitaux luxembourgeois)
• Maly GOEDERT
Directrice de l’Ecole Nationale de Santé (ENSA) Luxembourg
• Marie FRIEDEL
Professeure et directrice des programmes des Bachelors de spécialisation en sciences infirmières à l’Université du Luxembourg
La modération et les questions seront assurées par Antoni Montserrat Moliner (Membre du Conseil d’Administration de PiiLux)
Un vin d’honneur sera offert par PiiLux à la fin de la séance.
Entrée libre.
Le Plan national santé estime que d’ici dix ans, environ 3.800 infirmières et 1.200 médecins de plus seront nécessaires. Un diagnostic sous-estimé si l’on prend en compte certains facteurs soulevés par des acteurs du secteur, dont la FHL (Fédération des hôpitaux luxembourgeois), qui propose des Assises nationales.
Au même titre que le logement ou la mobilité, la santé est bien un dossier majeur et transversal que le gouvernement doit prendre à bras-le-corps. S’il est, peut-être, exagéré de parler de « pénurie », une situation de tension est palpable et risque de s’accroître d’ici une dizaine d’années.
D’ailleurs le phénomène de la pénurie des professions de santé n’est pas un phénomène luxembourgeois. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 4,5 millions l’ampleur de la pénurie infirmière au niveau international et tout récemment, le 17 septembre 2026, le Parlement européen a adopté un rapport d'initiative (porté par les eurodéputés Lucas Fourlas et Ruggero Razza) demandant un plan d'urgence européen pour augmenter les effectifs du personnel de santé d'au moins un million d'ici 2034.
Le Rapport considère que les pénuries de personnel de santé dans l’Union européenne constituent l’un des problèmes les plus urgents au regard de la résilience et de la qualité des systèmes de santé dans l’Union; que, selon les estimations, les États membres de l’Union manquaient d’environ 1,2 million de médecins, d’infirmiers et de sage-femmes en 2022 pour parvenir à une couverture universelle; que l’OMS s’attend à un déficit de 950 000 professionnels de santé dans l’Union européenne d’ici 2030; que selon le réseau européen de services de l'emploi (EURES) et l’Autorité européenne du travail, le secteur de la santé figure régulièrement parmi les trois secteurs les plus touchés par des pénuries à la fois sévères et généralisées de main-d’œuvre dans les États membres; qu'au vu des cohortes de départ à la retraite, en relation avec la baisse des inscriptions aux études liées à la santé et de l’arrivée de nouveaux diplômés, le déficit de personnel de santé est appelé à s'aggraver dans plusieurs pays; que le rapport de l’OMS sur le personnel de santé en Europe (2022) montre que 30 % des médecins et 18 % des infirmiers sont âgés de 55 ans ou plus, 12 pays de l’Union déclarant 40 % de médecins âgés de 55 ans et plus en 2022.
Selon les données du Plan national santé Luxembourg, qui se basent sur les statistiques de la Commission européenne, le Luxembourg compte trois médecins pour 1.000 habitants. Ce qui est inférieur de 23% à la moyenne de l’Union européenne qui est-elle de 3,9/1.000. Le pays obtient le deuxième plus faible taux dans l’UE, malgré une augmentation de 39% depuis 2000. Sur les près de 1.900 médecins que compte le pays, 68% des médecins sont des généralistes et 32% sont des spécialistes. Leur âge est aussi un facteur qui fait croitre la tension : ils ont en moyenne 51 ans pour les généralistes, et 52,3 ans pour les spécialistes. Autant de postes à remplacer d’ici dix ans lorsqu’ils partiront en pension.
Pour atteindre la moyenne européenne, le Luxembourg aurait besoin de 1.262 médecins de plus sur dix ans, ainsi que 3.827 infirmières supplémentaires, soit environ 5.000 professionnels à recruter et/ou former. À noter que le nombre d’infirmières évolue lui positivement ces dernières années, conférant au pays la densité la plus élevée de l’UE avec environ 11,7 infirmières pour 1.000 habitants (la moyenne européenne est de 8,4/1.000).
Autre raison qui explique des besoins croissants, la hausse de la demande en soins de santé. Et cela n’épargne pas le secteur de l’aide et des soins où face au vieillissement de la population, les besoins en ressources humaines continueront à augmenter.
Le fait que le pays soit fortement dépendant de main-d’œuvre étrangère, que ce soit pour les médecins ou les professions annexes, ne facilite pas les choses. 64,7% des infirmières résident dans des pays limitrophes, et la part des médecins vivant à l’étranger et exerçant au Luxembourg a presque doublé entre 2008 et 2017 (de 15,6% à 26,4%).
Le Luxembourg est-il toujours aussi attractif pour les professionnels de santé frontaliers, et plus particulièrement les infirmières ? Une pénurie est-elle à venir ? Selon des chiffres de l’Observatoire National de la Santé, les infirmiers résidant en France représentent une part importante des effectifs exerçant au Luxembourg : un infirmier sur trois y résiderait (35,3%). Un peu plus de 10% seraient belges.
En attendant, depuis la rentrée 2020, un cycle complet de Bachelor en médecine est proposé. Les formations en sciences infirmières de niveau Bachelor que l’Université du Luxembourg a lancé en 2023-2024 en sont une réponse. La Copas, fédération patronale des prestataires d'aides et de soins, rappelle aussi l’introduction du nouveau diplôme CCP d’agent d’accompagnement et la création d’une nouvelle profession de santé au niveau d’un diplôme de technicien.
Ce qui serait nécessaire pour potentialiser ces efforts, comme l’explique Marie Friedel «c’est de proposer un parcours Bachelor-Master-Doctorat aligné aux accords de Bologne et aux recommandations internationales, afin de renforcer les champs de compétences des infirmiers, leur rôle autonome, via des consultations infirmières et des prescriptions infirmières, tout en valorisant leur rôle dans le champ des soins de santé primaires, la prévention et en parallèle en amorçant le retrait de pratiques de soins/médicales qui n’apportent pas de valeur ajoutée et surchargent le système de santé hospitalier.»
Si la moyenne d’âge des praticiens, la hausse des besoins en soins de la population, et la dépendance vis-à-vis de la main-d’œuvre étrangère ont été prises en compte dans les chiffres énumérés ci-dessus, d’autres phénomènes, plus difficiles à mesurer ou quantifier, sont tout de même à prendre en considération.
«La génération qui vient maintenant, que ce soit les médecins ou professionnels de santé, a une approche différente du travail. Ils font toujours leur métier avec la même éthique, mais la balance entre vie professionnelle et privée est très importante. Il y a un changement de paradigme. Cela touche d’ailleurs tous les métiers. On appelle cela la work-life balance, mais de plus en plus parlent de life-work balance », souligne la FHL.
Mais le Luxembourg n’est pas le seul pays confronté à ces problématiques. D’après la FHL « Nous avons un grand bassin de recrutement dans les pays limitrophes, dont certains souffrent aussi de tensions sur les ressources. Nous avons donc une responsabilité éthique vis-à-vis de nos voisins, de réduire les recrutements à l’étranger. ». Le Luxembourg a puisé largement dans les ressources humaines des régions frontalières.
La stratégie mondiale de l’OMS pour les ressources humaines de la santé à l’horizon 2030 fixe d’ailleurs pour objectif – pour les pays à revenu élevé ou intermédiaire – «la satisfaction d’au moins 90% de leurs besoins en personnel de santé avec leurs propres ressources humaines, conformément aux dispositions du Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé ».
Advertisement
Event venue
Chambre des Salariés, 2 Rue Pierre Hentges, L-1726 Bonnevoie-Nord/Verlorenkost, Luxembourg
Tickets