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Sun Nov 22 2026 at 03:00 pm to 05:00 pm UTC+01:00

Ciné-club : Deux regards sur les mémoires algériennes et la transmission.

  • Palais de la Porte Dorée · Paris
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Palais de la Porte Dor\u00e9e Publisher / Host Palais de la Porte Dorée
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Cin\u00e9-club : Deux regards sur les m\u00e9moires alg\u00e9riennes et la transmission.
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Pour sa carte blanche, Rachida Brakni convoque deux regards : le cinéma d'Assia Djebar et le travail de Katia Kameli.
About this Event

Une séance en deux parties entre réappropriation d’images d’archives, récits de femmes et résonances contemporaines pour traiter des mémoires algériennes et de la transmission.

La projection sera suivie d’un échange entre Rachida Brakni et Katia Kameli.




La Zerda ou les chants de l'oubli d' Assia Djebar

Pour ce film, l'écrivaine algérienne Assia Djebar s'est détournée de son métier d'écrivaine afin de retracer l'histoire de la colonisation du Maghreb à travers des actualités cinématographiques françaises. Le film utilise le montage pour rechercher la vérité dans ces images au regard meurtrier , une vérité qu'elles s'abstiennent délibérément de montrer : la résistance derrière le masque . La bande-son mêle chants polyphoniques et musique expérimentale pour former un chant du cygne furieux contre la violence coloniale.

Production : Radiodiffusion Télévision Algérienne (RTA)


Assia Djebar

Née le 30 juin 1936 à Cherchell (Algérie), Assia Djebar est une écrivaine, professeur d’université, et cinéaste, qui a vécu et travaillé entre la France, l’Algérie, et les États-Unis. Élève de l’École normale supérieure de Sèvres en 1955, elle publie son premier roman La Soif en 1957, suivi des Impatients en 1958. En 1974, de retour à Alger, elle commence la préparation d’un long métrage semi-documentaire, après des séjours dans la tribu maternelle des Berkani. Elle y interroge la mémoire des paysannes sur la guerre, y intègre des épisodes dans La Nouba des Femmes du Mont Chenoua, long-métrage de deux heures, produit en arabe et en français par la télévision algérienne, sur une musique de Béla Bartok. Ce long-métrage suscite des débats contradictoires dans les milieux algériens. Il sera présenté à Carthage en 1978, puis à la Biennale de Venise, en 1979 où il obtient le Prix de la Critique internationale.

Elle continuera son travail de cinéma avec un long métrage documentaire La Zerda et les Chants de l’oubli présenté en 1982, par la télévision algérienne et primé au Festival de Berlin, comme « meilleur film historique » en janvier 1983. Après une dizaine d’années où elle se consacre à l’écriture en France, elle part enseigner aux États-Unis en 1995, en Louisiane et à New York University. Elle est élue à l'Académie française, le 16 juin 2005. Elle meurt à Paris le 6 février 2015.





Le Roman algérien (et l’histoire se répète) de Katia Kameli

Dans ce film, fidèle à sa volonté d’écrire en images un récit conjugué au féminin pluriel, où les narratrices sont passeuses et autrices, Katia Kameli ausculte et réactive le potentiel du film-poème d’Assia Djebar, La Nouba des femmes du Mont Chenoua (1977). Déclenché par la redécouverte de son scénario, ce quatrième chapitre, produit pour les Rencontres d’Arles, saisit les résurgences de lieux et figures emblématiques de La Nouba : de grottes situées près de Tipaza aux potières du Mont Chenoua où celles-ci perpétuent un savoir-faire ancestral qui fascinait déjà Assia Djebar.

Pour la première fois, Katia Kameli mobilise également son parcours biographique et artistique, faisant de la transmission des gestes, des mémoires, des musiques ainsi que des allers retours entre passé, présent et futur, entre recherche documentaire et écriture allégorique des motifs définitivement centraux.


Katia Kameli

Katia Kameli est une réalisatrice et artiste visuelle franco-algérienne, née en 1973 à Clermont-Ferrand. Sa pratique repose sur une démarche de recherche : le fait historique et culturel alimente les formes plurielles de son imaginaire plastique et poétique. Elle se considère comme une « traductrice ». La traduction n’est pas un simple passage entre deux cultures ni un simple acte de transmission, mais fonctionne aussi comme une extension de sens et de formes. L’acte de traduction déconstruit la relation binaire et parfois hiérarchique entre la notion d’original et de copie. Une réécriture des récits apparait au sein de son travail. Elle met en lumière une histoire, globale, faite de frontières poreuses et d’influences réciproques afin d’ouvrir une voie réflexive et génératrice d’un regard critique sur le monde.

Diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Bourges, elle a suivi le post-diplôme le Collège-Invisible à l’École Supérieure d’Arts de Marseille. Son travail a trouvé une visibilité et une reconnaissance sur la scène artistique et cinématographique internationale et a été montré lors de nombreuses expositions personnelles et collectives.




Dans le cadre du cycle #1 du Ciné-club du dimanche, une carte blanche donnée à Rachida Brakni

"Avec cette carte blanche, j’ai souhaité proposer des films dont le regard et le sujet étaient féminins. Le premier nom qui s’est imposé à moi est celui d’Assia Djebar : immense écrivaine et première réalisatrice maghrébine de l’histoire. La Zerda ou les chants de l’oubli est un film puissant composé d’images d’archives et porté par un chant poétique féminin dans lequel la réalisatrice déconstruit la propagande coloniale et les stéréotypes orientalistes à propos du Maghreb. Le film s’ouvre sur un panneau indiquant « La Mémoire est corps de femme ». J’ajoute : le récit de la mémoire est le récit des femmes. Cette phrase a guidé mes choix."

Rachida Brakni

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Palais de la Porte Dorée, 293 Avenue Daumesnil, Paris, France

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