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D’où vient la fascination des masques ? En dédoublant le visage, ils le recouvrent et en même temps le révèlent. Le porteur de masque devient l’autre que lui-même, le temps de la cérémonie. Les masques sont des objets de pouvoir, sacrés, parfois maléfiques ou bienveillants ; ils protègent, guérissent, invoquent.Dans de nombreuses traditions africaines, le masque occupe une place essentielle dans l’équilibre de la communauté, établissant un lien entre l’homme et l’univers, entre la vie et la mort. Ils ne sont pas seulement des objets d’art à contempler dans les musées et les collections, mais des objets vivants, “habités”, accompagnant l’individu et la communauté dans les moments clés de la vie.
La recontextualisation et l’artisanat touristique ont parfois contribué à leur folklorisation. C’est ici qu’intervient l’artiste. Par ses photographies et ses textiles, Martin Abega réinscrit le masque dans un dialogue contemporain, révélant leur dimension symbolique et spirituelle.
Pour l’artiste, la photographie n’est pas un simple langage plastique, mais une quête intérieure, un moyen de transmission et de connexion à son identité profonde. On peut rapprocher son travail de celui de l’artisan créateur de masques : comme lui, il travaille dans la solitude, à l’abri des regards, dans un geste intime, presque rituel.
La pratique de la broderie prolonge ce dialogue : certains peuples du Cameroun ornaient leurs masques de perles colorées ou de coquillages pour en renforcer la puissance symbolique. Martin Abega renoue également avec la couleur : au noir et blanc photographique, il ajoute le rouge — couleur du sang et de la vie. En brodant et décorant ses images, il en intensifie la présence, comme pour les animer.
Traditionnellement, les masques sont principalement portés par les hommes. Dans les œuvres de Martin Abega, le féminin occupe une place centrale. Ici, ce sont les femmes qui portent et manipulent les masques, leur insufflant une présence nouvelle. Ce ne sont pas les masques qui élèvent leur porteur, mais les femmes qui leur redonnent leur mystère, leur “inquiétante étrangeté”.
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Martin Abega est un photographe et artiste africain contemporain. Sa pratique mêle photographie et interventions textiles, explorant la spiritualité, le pouvoir de soi et la transmission comme forces qui traversent l’humain. Son travail interroge la relation entre héritage et monde contemporain à travers la lumière, la matière et le symbolique.
"Je ne cherche pas à représenter une tradition, mais à dialoguer avec un héritage qui m’habite.
Mon travail explore le pouvoir de soi, la mémoire et la spiritualité comme forces vivantes. Le masque devient un outil de questionnement : il cache et révèle, il protège et confronte. À travers la photographie et la broderie, je crée des images où le noir absorbe, le blanc révèle et le rouge incarne la force et la pulsation du vivant.
Je travaille dans l’intuition et la solitude, laissant la matière et la lumière guider le geste. Mon processus est une forme de méditation active, une manière de transmettre une énergie plus qu’un savoir. Ce que je cherche n’est pas la reproduction d’un passé, mais la présence d’un héritage dans le présent.
Mon travail parle de spiritualité, de transmission et de puissance intérieure. Il interroge ce que nous portons en nous — et ce qui nous dépasse." Martin Abega
L'exposition est ouverte de mercredi à vendredi entre 14h-18h, samedi et dimanche de 12h à 18h > jusqu'au 4 avril 2026
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Event Venue
Impasse Saint-Jacques 3, 1000 Brussels, Belgium, Sint-Jansstraat 3, 1000 Brussel, België, Brussels, Belgium
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