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La Galerie de la Clé a le plaisir de recevoir le jeune photographe Bastien Deschamps pour une exploration du coeur de l’Amazonie. Pour cette exposition, Bastien Deschamps retrace deux ans de voyage et d’immersion entre 2023 et 2025 en terres Amérindiennes Wayana, Guyane Française. C’est au travers de son quotidien partagé tant entre les campements d’orpailleurs qu’au sein des habitations Wayanas que Bastien Deschamps a dessiné au travers de son objectif les contours d’un mode de vie fragile et précaire.Prenant le parti de rester neutre face aux ravages engrangés par l’orpaillage intensif dans cette région pour la plupart encore vierge, Bastien Deschamps a tenu à témoigner humainement des regards croisés au détour de camps de chercheurs d’or ainsi qu’auprès des Amérindiens Wayanas.
De par un processus documentaire à l’esthétique baignée d’humanité, ses photographies explorent le quotidien d’hommes et de femmes en proie à une nécessité de survie immédiate sous l’immensité aux couleurs d’émeraude de la canopée Amazonienne. En majeure partie argentiques, certains de ces tirages ont été développés dans l’eau même du fleuve Maroni infesté de mercure, d’autres développés en noir et blanc laissent entrevoir des traces de paillettes dorées.
Ce voyage initiatique est retracé lors de l’exposition intitulée LA FORET D’EMERAUDE visible à la Galerie de la Clé du 12 Mars au 4 Avril 2026. Vernissage Jeudi 12 Mars de 18H00 à 22H00.
RSVP Facebook : https://fb.me/e/7rUSnuMKx
Catalogue et informations disponibles sur [email protected] ou par téléphone au 01.42.77.25.42
"L’or, c’est un rêve pour atteindre un autre rêve."
« Sur les rives du Maroni, en Guyane française, ce rêve circule de camp en camp. Il promet un toit, une dette effacée, un commerce à soi, un enfant scolarisé, un nouveau départ. Pour le faire exister, il faut creuser, détourner, couper, amalgamer. Transformer la forêt en chantier, la terre en cicatrice.
L’or n’est presque rien, et pourtant il concentre tout. Sa rareté fabrique sa valeur, sa brillance entretient le mythe. Réserve, parure, garantie. Il rassure ceux qui le possèdent, fascine ceux qui le cherchent, légitimise les ravages qu’il provoque. Son poids est d’abord imaginaire mais ses effets sont concrets.
Dans la forêt, loin des villes et des institutions, une société se recompose. Camps dissimulés, routes clandestines, services improvisés, cabarets et commerces en pleine forêt. Le capital circule sous bâche plastique, à la lumière des générateurs. Investir, extraire, rentabiliser. Mais aussi vivre : partager les repas, parier, aimer, rêver d’ailleurs. Une vie rude, faite de fatigue et de fièvre, d’ennui et d’adrénaline, où l’aventure côtoie la précarité.
Illégale et mobile, cette économie avance en marge du droit. Les forces armées la pourchasse, détruisent les installations, saisissent le matériel. Les camps se déplacent, se reconstruisent plus loin, parfois au même endroit. La traque fait partie du cycle. Même au cœur de l’Amazonie, le modèle ne disparaît pas, il se condense. Une économie capitalistique à l’état brut, reproduite à l’ombre de la canopée.
Mais la forêt, ici, n’est pas un décor. Elle est terre nourricière, espace de subsistance, territoire de transmission. Pour les communautés amérindiennes Wayana, elle est un lieu sacré, traversé de récits, de savoirs et de relations invisibles. Le fleuve n’est pas une simple frontière géographique : il structure les circulations, les échanges, les liens. Lorsque ses eaux se troublent, ce n’est pas seulement un écosystème qui vacille, c’est un monde.
En Guyane, le prix que nous donnons à l’or prend une forme matérielle : cratères béants, eaux saturées de sédiments et de mercure. Le désastre est écologique et sanitaire. Le poison s’infiltre dans la chaîne alimentaire, traverse les corps, s’installe dans le temps long. L’orpaillage clandestin en est une cause visible, importante mais non isolée. La forêt se transforme dans la continuité d’une histoire faite d’arrivées, de mesures, de prélèvements et de départs : on vient, on exploite, puis on repart, laissant derrière soi des traces plus durables que les promesses. La valeur se décide ailleurs et laisse ici son empreinte.
Dans ce chapitre de Where the Border Runs: Tales from the River Sides, l’orpaillage révèle l’écart entre la richesse projetée et le territoire qui la supporte. Le Maroni relie des économies lointaines à une forêt habitée, traversée de vies et de mémoires.
L’or circule. Les rêves se déplacent. La forêt, elle, porte encore le poids d’une paillette. »
- Bastien Deschamps, 2026
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Event Venue
23 rue Michel Le Comte, 75003 Paris, France, 23 Rue Michel Le Comte, 75003 Paris, France, Paris
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