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DOUBLE VERNISSAGE et LANCEMENT REVUE ESPACE N°142En collaboration avec Manif d'art - La biennale de Québec
- Ghost if you can't be free - Jota Mombaça
- Nos rivages - Catherine Arsenault
- Lancement revue Espace no. 142
28 février - 17h
Expositions du 28 février au 19 avril
580 Côte d'Abraham
Ghost 25: if you can’t be free
Le fleuve Saint-Laurent a été un lieu d’interactions d’un vaste ensemble de corps : ceux des Iroquois du Saint-Laurent, des Wendat, des Innu et d’autres nations qui ont navigué à travers le territoire, ceux des Français, puis des Anglais, amenant avec eux la colonisation, ceux des esclaves amené·e·s de la Guinée ou de la Louisiane. Plusieurs siècles plus tard, dans l’un de ses affluents – la rivière du Sud –, c’est aussi là que Jota Mombaça a plongé ses tissus, ses « corps d’eau ». Iel explore ainsi ce qu’iel qualifie de « radicalité de l’engloutissement ». Marqué par l’eau et le vivant qui l’habite, le textile témoigne d’une liberté – celle des courants – en opposition à la violence de la colonisation, de la traite des esclaves, de la mondialisation et de la production industrielle. Si l’œuvre résonne intrinsèquement avec le lieu où elle a été formée, elle défie aussi l’idée d’une localité restreinte.
Créant une enceinte close, les tissus évoquent l’enfermement à la fois politique – alors qu’on observe un durcissement des stratégies gouvernementales – et architectural – l’œuvre se situant dans une ville caractérisée par ses remparts. Tel un vaisseau fantôme, le textile nous laisse aussi l’impression de quelque chose de hanté, tandis que s’y inscrivent les traces des performances passées.
Nos rivages
Dans sa pratique, Catherine Arsenault se penche sur les phénomènes observés en nature au cœur de territoires excentrés. Pour Nos rivages, elle a réalisé plusieurs dizaines de dessins du fleuve Saint-Laurent à différentes jonctions, qu’elle a ensuite transposés en vidéo d’animation. Pour elle, cette excursion graphique constitue une exploration de « notre lien intime et profond avec le fleuve Saint-Laurent ».
Image après image, on observe les vagues et remous, constatant la puissance de l’eau, à la fois majestueuse et dévastatrice. Comme le point de vue choisi laisse l’impression que nous y voguons nous-mêmes, nous nous retrouvons physiquement engagé·e·s, comme si nous étions nous aussi à la merci du courant. Les nombreux dessins témoignent, d’une part, du geste de l’artiste et, d’autre part, de la répétition – comme celle des vagues, inlassables – nécessaire à leur réalisation. Une fois transposés en animation, ils révèlent une danse où les mouvements de l’eau s’entrelacent avec les siens. Puis, cette implication du corps se déplie à plus grande échelle à travers la forme du littoral, sculptée avec des résidus de papier. Les vagues de graphite viennent ainsi s’échouer sur sa rive reconstituée.
À propos des artistes
La pratique de Jota Mombaça englobe poésie, dessin, performance, installation, son et vidéo. Influencé par la critique anticoloniale et les études queer, son travail sonde les traumatismes persistants de la traite transatlantique des esclaves ainsi que l’incidence grandissante de la crise climatique. Iel explore des thèmes comme le transport mondial et les systèmes de contrôle de l’eau, les déplacements de population, le deuil queer et le voyage dans le temps. Son travail a récemment été présenté dans des expositions majeures, telles que la Biennale de São Paulo, la Biennale de Sydney et la Biennale de Berlin.
À travers sa pratique, Catherine Arsenault invite à une réflexion sur les interconnexions entre l’humain et son environnement. Par ses sculptures et ses dessins qu’elle transpose en vidéo d’animation, elle s’intéresse aux organisations, systèmes et phénomènes observés dans des territoires excentrés. Nommée Artiste de l’année pour la Côte-Nord par le Conseil des arts et des lettres du Québec (2023), elle a participé à des expositions à travers le Québec, et ses films ont été présentés notamment en Finlande, en Islande et au Danemark.
LANCEMENT DE LA REVUE ESPACE N°142
Lancement du nouveau numéro de la revue ESPACE art actuel, « Prophéties ». Les prophéties artistiques ouvrent des perspectives inédites et des brèches dans le temps pour faire tomber les évidences et interroger l’ordre des choses. Les artistes ont ainsi troqué les grandes utopies pour des visions fragmentaires, situées et sensibles. La conscience d’un futur qui se devine et se façonne dans le présent se révèle dans leur regard inquisiteur et dans les formes expressives de leurs pratiques plastiques et médiatiques. Ils et elles prennent ainsi le relais des oracles, des sibylles, des prophètes ou des chamans, à la fois en phase avec le réel et légèrement décalé·e·s, dans un positionnement qui confère à leurs relectures du monde une acuité particulière.
ESPACE N°142 LAUNCH
Launch of ESPACE art actuel's new issue, "Prophecies".
Artistic prophecies are unprecedented perspectives that open up gaps in time to break down the obvious and question the order of things. Artists have swapped grand utopias for fragmented, sensitive and situated visions: their inquisitive gaze and their expressive practices reveal a future that can be glimpsed (and shaped) in the present through images, dreams and nature. They thus take over from oracles, sibyls, prophets and shamans, at once in tune with reality and slightly out of step with it, a positioning that lends a particular acuity to their rereading of the world.
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Event Venue
Galeries: 580 Côte d'Abraham; Ateliers: 541 rue de St-Vallier est, Quebec, QC, Canada, Quebec G1K 3P9
Tickets
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