About this Event
Cycle de conférences-débats - 4 images politiques pour penser la décroissance
- Mardi 19 mai, "Quels cadre et sens politique communs pour la décroissance", avec l'image du disque & ses rayons et de l'arbre politique (19h-21h, Fondation pour le progrès humain, Paris)
- Jeudi 21 mai, "Comment comprendre le degré de politisation au sein de la décroissance ?", avec l'image de la permapolitique (19h-21h, Volumes, Paris)
------ Présentation du sujet -----
Conférence-débat avec Michel Lepesant, fondateur de la Maison commune de la décroissance
Quand on définit la décroissance comme "l'opposition politique à la croissance", la première question qui vient est : "qu'entendez-vous par croissance ?"
Pour y répondre, il vous est proposé de reprendre l'image classique de l'iceberg pour voir que, si la croissance est une économie, un monde et un régime politique, alors la décroissance est une décrue (économique), une décolonisation (de nos imaginaires) et un renversement politique.
------ Présentation du contenu -----
Nous ne sommes pas une société avec une économie de croissance mais nous sommes une société encastrée dans une économie de croissance, autrement dit nous sommes une société de croissance.
Mais alors comment expliquer la réussite de cette emprise de l’économie sur nos systèmes sociaux ?
- Dans un premier temps, nous ne nous laissons pas entraîner par le discours dominant qui revient à justifier la domination de l’économie sur nos sociétés par des raisons… économiques. Autrement dit, nous ne voyons dans l’économie de croissance que la partie émergée d’un iceberg, pas la totalité de l’iceberg.
- Dans un deuxième temps, nous héritons de ce que Serge Latouche apporte à la décroissance = une critique culturelle de la croissance. Il voit dans la croissance un système de représentations, de récits et de concepts qui ont colonisé les imaginaires des individus modernes. Autrement dit, si le succès de l’emprise économique de la croissance repose sur cette colonisation de nos imaginaires, alors nous en déduisons que la décolonisation des imaginaires est la condition culturelle d’une sortie de l’économie.
- Dans un troisième temps, nous constatons malheureusement que le conflit des imaginaires (des récits, des valeurs, des modes de vie, des attachements…) ne suffit pas pour enclencher transition et redirection.
- C’est là que nous faisons l’hypothèse – et là l’apport du sociologue italien Onofrio Romano est décisif – qu’il ne suffit pas d’expliquer l’emprise de l’économie par la colonisation des imaginaires mais qu’il faut aussi expliquer le succès de cette emprise culturelle : d’où l’hypothèse que l’économisation, la technologisation et la colonisation de nos vies reposent sur un régime politique. Si nos arguments font « plouf », c’est qu’ils se noient dans le milieu dans lequel flotte l’iceberg de la croissance.
Ce milieu politique dans lequel flotte l’iceberg de la croissance est un dispositif généralisé de domination qui ne peut prétendre se justifier qu’en s’appuyant sur une idéologie, ie une image inversée de la réalité. C’est ce monde à l’envers qu’il faut renverser et pour cela s’attaquer à son régime politique qui est fondé sur la religion de l’illimitisme, sur la destruction du Commun au profit de l’individualisme, sur une économie politique de la rareté et de la pénurie.
------ Présentation de l'association -----
La Maison commune de la décroissance (la MCD) a été créée en 2017 après deux ans d’un « processus-décroissance ».
La MCD n’est pas une université (et elle préfère l’érudition à l’expertise), elle prétend néanmoins alimenter depuis des années un corpus politique d’analyses, de définitions et de propositions qu’elle se réjouit de partager, pour rejoindre la voie « méditerranéenne » de la décroissance.
S’il fallait dégager une idée politique directrice de ce travail, ce serait la conviction que seule une critique radicale de l’individualisme – et donc de « l’institution imaginaire de l’individu moderne » – peut dégager la route d’une décroissance comme humanisme d’une vie sensée. Sur la forme, la MCD veut rappeler qu’il ne peut exister de variations qu’à partir d’un fond commun et que, par conséquent, ce dont a d’abord besoin la décroissance, c’est d’un cadre idéologique commun.
Event Venue & Nearby Stays
Académie du Climat, 2 Place Baudoyer, Paris, France
EUR 0.00












